Vers la fin du « don’t ask, don’t tell » ?

Depuis une loi de 1993, les citoyens américains homosexuels n’ont pas le droit de servir leur pays et de défendre leurs concitoyens. Plus exactement, elle leur impose de ne pas révéler leur orientation sexuelle sous peine d’être renvoyés de l’armée. Depuis son adoption, cette loi a contraint 13.000 militaires américains à quitter l’armée. Un chiffre qui, dans une perspective de dynamique annuelle, est en diminution (-30% en 2008 par rapport à 2009). Cela justifierait, selon l’amiral Mullen la levée du tabou homosexuel dans l’armée américaine.

L’amiral Michael Mullen, le plus haut gradé américain; a estimé aujourd’hui devant des parlementaires que lever l’interdiction faite aux militaires homosexuels d’évoquer leur orientation sexuelle serait « la bonne chose à faire ». C’est la première fois qu’un haut gradé américain apporte son soutien clair à la levée de l’interdiction. Barack Obama a abondé dans ce sens en affirmant qu’il souhaitait « travailler avec le Congrès et l’armée pour enfin abroger la loi qui prive les homosexuels américains du droit de servir le pays ». Dans un sondage conduit en 2008 par le Washington Post et ABC News, 75 % des Américains, soit respectivement 80 % des démocrates, 75 % des indépendants et 66 % des républicains affirment que les personnes ouvertement homosexuelles devraient pouvoir servir militairement.

Ces déclarations vont clairement dans le sens de la fin du don’t ask don’t tell. Le Pentagone dois ainsi lancer la semaine prochaine une longue procédure visant à lever l’interdiction des homosexuels déclarés au sein de l’armée américaine. La chose n’est cependant pas si simple car cette mesure ouvertement hypocrite et discriminante (demande-t-on aux hétérosexuels de se cacher ?) dans le sens où les gays sont tolérés dans la mesure où ils se cachent, a encore des partisans. Ainsi, le sénateur républicain John McCain, qui a combattu lors de la guerre du Vietnam, a jugé que le moment était mal choisi pour abroger la loi, à l’heure où l’armée américaine doit subir les affres de deux guerres, en Afghanistan et en Irak.

C’est aussi pourquoi, en plus d’être compliquée à abroger dans les textes, cette loi sera aussi certainement difficile à appliquer. Dans l’armée, la question est encore sensible. Ainsi, l’enquête qui devrait être lancée la semaine prochaine devra aussi se pencher sur les modalités pratiques d’une modification de la loi. Un soldat pourra-t-il être forcé de partager la chambre d’un collègue ouvertement homosexuel du même sexe ? L’armée reconnaîtra-t-elle les unions civiles ou mariages homosexuels et combien cela lui coûtera-t-elle en terme de retraites et prestations sociales supplémentaires ? Des quotas seront-ils imposés pour veiller à ce que les homosexuels déclarés ne soient pas victimes de discrimination en terme d’avancement par exemple ?

Toujours est-il qu’une abrogation de la loi serait un pas en avant dans l’égalité des droits. Harvey Bernard Milk serait certainement fier de ce courage politique. Il s’agirait aussi d’un exemple que pourrait suivre aussi le monde du sport, notamment du sport en équipe et particulièrement du foot dans lequel le don’t ask don’t tell n’est pas inscrit dans le règlement mais gravé dans les mentalités.

Quelle question souhaiteriez-vous poser au peuple français si la démocratie directe existait ?

Je viens d’être tagué par expression libre dans une chaîne d’articles. Le sujet consiste à se demander quelle question nous souhaiterions poser au peuple français si la démocratie directe existait. J’avoue que je n’avais jamais réfléchit à la question… A vrai dire, je ne sais pas bien si j’aurais vraiment envie de leur poser la moindre question tant les français ont l’habitude (parfois fâcheuse) à répondre à côté. C’est un fait, ils extrapolent, ils s’effrayent seuls, jouent à se faire peur, finissent par y croire et vote de façon irraisonnée. On a pu constater cela lors du référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe.

Cependant, le fait d’avoir été tagué me contraint plus ou moins. Aussi, je ne peux me soustraire à l’exercice. S’il y a une question que je poserais volontiers aux françaises et aux français, ce serait la suivante :

Quelle est, selon vous, le rôle principal de la région ?

En cette période électorale, cela pourrait nous en apprendre, tant sur la méconnaissance du peuple à l’égard des compétences régionales mais aussi que sur leurs attentes réelles. De quoi servir de base à une vrai réforme territoriale…

Peut-on demander aux députés arabes israëliens de jurer fidélité à l’Etat juif d’Israël ?

Le 3 janvier dernier, le député David Rotem, issus du parti d’extrême droite du ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman a déposé une proposition de loi devant la Knesset visant à modifier la rédaction du texte du serment que doivent prêter les députés avant d’entrer en fonction. Ainsi, il est envisagé de changer le texte actuel qui fait jurer fidélité à l’état d’Israël et à ses lois par un texte nouveau qui ferait jurer fidélité à l’état d’Israël, juif et démocratique. Dans les rangs d’Israël Beitenou, le parti de Lieberman et Rotem, on affirme simplement que « quiconque refuse d’être loyal à Israël en tant qu’Etat juif sera poliment empêché de devenir député ».  Mais peut-on vraiment demander aux députés arabes israëliens de jurer fidélité à l’Etat juif d’Israël ?

Cette question, on peut légitimement se la poser au delà même de toute considération purement religieuse. En effet, la question n’est pas tant de savoir si l’on peut demander à des non juifs du jurer fidélité à un état juif. Car on sait que l’État d’Israël n’est pas un état laïc. La question a plus trait à la situation des députés arabes israéliens et plus largement des arabes israéliens. Car on pourrait en quelque sorte considérer qu’il s’agirait pour eux de jurer fidélité à leur propre mise au banc de la société. Cette loi stigmatise un peu plus cette catégorie de la population israélienne et va même jusqu’à tenter de contraindre les députés non juifs à prêter serment à leur propre marginalisation.

Ma culture française de l’État laïc me pousse certainement à juger cette proposition de loi avec d’autant plus de surprise et d’étonnement. Mais il me semble sincèrement que la référence dans un serment d’investiture à la religion  officielle d’un pays contribue inévitablement à stigmatiser les minorités. Or, agir de la sorte n’est pas la solution la plus efficace pour obtenir une société apaisée.

Nouvelle identité visuelle pour Graine de Centriste

Voilà un moment que je désirais changer la bannière de mon site. Je voulais un « header », une « en-tête » plus colorée. La dernière tentative en date était celle du 3 janvier 2009. Elle fut avortée. La raison ? Il s’agissait d’une consultation et l’ancienne bannière avait remporté la majorité des suffrages… En quelque sorte, puisque la sortante l’avait emporté, on n’avait rien changé. Cela avait ce côté d’autant plus rassurant qu’on me disait souvent qu’il ne fallait pas bousculer les habitudes des lecteurs, qu’une fois habitués à une certaine identité visuelle, il ne fallait pas en changer…

Mais cette année, la situation est différente. Car comme je l’ai dis le 15 octobre dernier, c’est toute la présence du Nouveau Centre sur internet qui a changé d’identité visuelle. Et puis il y a un nouveau logo. Bref, ma bannière ne correspondait plus, graphiquement parlant, au reste du parti. Et puis il y avait aussi le fait que ça conception dénonçait mon caractère « amateur ». C’est pour toutes ces raisons que Graine de Centriste, après vous avoir souhaité une bonne et heureuse année, change de bannière. En espérant qu’elle vous plaise.

Je vous présente mes voeux pour 2010

Je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2010. Puisse-t-elle vous apporter tout le bonheur, la joie et la réussite que vous désirez. Qu’elle soit riche en espoir et en prospérité, qu’elle soit tel un parcour sans ambuche. Et surtout, santé et amour !

Pour le Nouveau Centre et le monde politique en général, l’année 2010 qui s’ouvre aujourd’hui sera marquée par un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte : les élections régionales. Ce que je souhaite ? Que 2010 soit un bon cru pour ma famille politique.

Qui aura le centre droit ?

J’ai relu mon précédent billet, publié tardivement cette nuit, et je me suis rendu compte que je n’avais pas pris suffisamment de recul bien qu’ayant dit des choses intelligentes (forcément :p). Car ce que j’essayais laborieusement de démontrer était que les gaullistes allaient tenter de trouver une légitimité au centre droit pour revenir sur le devant de la scène politique. Puis j’ai convenu du fait qu’ils n’étaient pas les seuls à avoir cette stratégie. C’est là que je me suis jugé défaillant. Car j’aurais dû faire un inventaire plus complet de tous ceux qui allaient dans le futur tenter de jouer cette carte. Cela est en effet aussi intéressant que de faire la revue historique de ceux qui l’ont fait par le passé. Voilà donc le motif de ce billet : je me dois de faire l’inventaire de ceux qui vont se placer au centre droit dans un futur plus ou moins proche.

Hervé MORIN et le Nouveau Centre

En 2007, lorsqu’ils ont prit leurs distances avec François Bayrou et son ambition de fonder un grand parti démocrate, c’était avant tout pour sauvegarder leur positionnement historique au centre/centre-droit de l’échiquier politique. C’était en effet le positionnement de l’UDF, le positionnement du parti pour lequel ils s’étaient engagés des années auparavant. Dès le départ, donc, ils ont revendiqué le positionnement de centre/centre-droit et n’ont eu de cesse de le faire depuis. Le dernier éclat en date allant dans ce sens est la volonté affichée par Hervé Morin de récupérer le sigle UDF. Comme je l’ai dis dans mon précédent billet, l’UDF est un enjeux de taille avec ses trente années d’histoire et d’existence qui font d’elle une référence. C’est un gage de légitimité au centre-droit, une boussole pour les électeurs égarés, une église au milieu du village centriste dévasté. Rebaptiser le Nouveau Centre en UDF, c’est un peu prendre une longueur d’avance non négligeable dans la course au siège de leader du centre/centre-droit.

François BAYROU et le Mouvement Démocrate

C’est en étudiant la réaction de l’exécutif bicéphale du MoDem à la tentative de récupération de Morin que l’on peu envisager la volonté de ce dernier de récupérer la place de leader du centre/centre-droit. En effet, François Bayrou sentant venir le danger, ou mesurant peut-être l’ampleur de son erreur stratégique, eut une réaction à la limite d’être épidermique lorsque le président du Nouveau Centre a annoncé vouloir récupérer le sigle UDF. En fait, si l’on y regarde de plus près, sa réaction est tardive. Car le Nouveau Centre a formulé le vœux de se rebaptiser du nom de la formation giscardienne dès son université d’été du mois d’août dernier. Or, François Bayrou n’a réagit qu’en décembre, lorsqu’Hervé de Charette a rejoint le Nouveau Centre, jugeant l’UMP trop à droite. Est-ce une réaction à la prise d’envergure du Nouveau Centre ? Est-ce la prise de conscience du boulevard ouvert par son glissement vers un positionnement de centre-gauche ? Toujours est-il que François Bayrou, après avoir longtemps affiché une volonté de se rapprocher de la gauche, brandit aujourd’hui l’étendard UDF en en revendiquant la propriété légitime. Cela apparait comme un cri de rappel des troupes. Après l’à gauche toute de Sarnez, le haro sur le centre-droit de Bayrou… Saura-t-il convaincre et séduire de nouveau un électorat qu’il n’a eut de cesse de décevoir ? Rien n’est moins sûr !

Dominique de VILLEPIN et son club Gaulliste

La droite gaulliste a incarné depuis le début des années 1990 la droite modérée. C’est elle qui, en 1995 faisait campagne sur le thème de la fracture sociale ; elle encore qui en 2002 se présentait en alternative républicaine à l’extrême droite nationaliste et populiste. Ce fut en quelque sorte un repositionnement contraint après plusieurs années passées à s’opposer à la droite modérée giscardienne face à un Balladur clivant. Ce crédo a disparu en 2007. La fin de la période Chirac a sonné la mise au placard transitoire du gaullisme. Bayrou en a alors récolté quelques fruits. Toujours est-il que cette période transitoire semble se refermer avec le retour progressif de Dominique de Villepin sur le devant de la scène politique nationale. Ce dernier vient en effet de créer son club en compte déjà un nombre impressionnant de soutiens. 7000 membre dont 30 députés et 8% en cas d’une présence au premier tour à la présidentielle. Cela est loin, très loin d’être négligeable. Car bien que e s’étant jamais vraiment plié à l’exercice d’un scrutin, certain lui prédisent déjà un avenir à la Pompidou. Cet homme a aussi pour lui d’incarner la relève de l’ancien président, redevenu très populaire depuis son départ en retraite. Pour finir, il ne lui reste qu’à cultiver la rancoeur et les sentiments d’insatisfaction de toute une partie de la droite pour se constituer un électorat de centre/centre-droit capable de le porter au second tour d’une présidentielle. Ambition qu’il ne prend même plus la peine de cacher.

Jean-François COPÉ et l’UMP

S’il en est un qui ne cache plus ses ambitions présidentielles depuis un moment, c’est Jean François Copé. Pour 2017 toutefois, pas avant. Ce serait « trop tôt » selon l’intéressé. En effet, l’UMP, structure sur laquelle il compte bien s’appuyer ne lui accordera pas son soutiens en 2012 pour la simple et bonne raison que Nicolas Sarkozy n’en a pas fini. Pour se préparer, Jean-François Copé a lui aussi créé son club politique : « Génération France.fr ». Ce dernier candidat n’est pas tout-à-fait dans le même cas de figure que les autres. Pour lui, le captage du centre-droit n’est pas vital, toujours est-il que de nombreux éléments justifient sa présence dans cet article. D’abord le fait qu’il ait longtemps été considéré comme un proche de Juppé puis de Villepin, cela lui donne la possibilité de prétendre incarner le leadership de la droite gaulliste (et chiraquienne) et fait de lui un concurrent directe du dernier premier ministre de Jacques Chirac. De plus, Jean François Copé, dans ses fonctions de président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale a souvent fait entendre une voix discordante. Il incarne donc quelque peu « l’opposition à droite ». Et l’opposition à la droite sarkozyste par la droite, c’est un droite qui apparait comme modérée. Et puis s’il veut vraiment l’emporter, le patron des députés de droite devra à un moment où un autre trouver le soutien du centre droit.

Je ne sais pas si la liste est exhaustive ou non. A vrai dire, je n’ai même pas la prétention de penser qu’elle puisse l’être. J’ai en revanche suffisamment confiance en vous pour signaler toute lacune de cet article.

Villepin, le Nouveau Centre, l’UDF, l’alternative… Si un remake de chiraquie m’était conté

On le sait, historiquement, la droite au sens large est divisée. Ainsi, dans l’histoire récente, il y avait les chiraquiens et les sarkozystes. Un peu moins récemment, il y avait les chiraquiens et les balladuriens et avant cela, les gaullistes et les non gaullistes. Finalement, si l’on regarde attentivement l’histoire de la droite de ces deux dernières décenies, on se rend rapidement compte que le sarkozyme n’est que la suite du « balladurisme ». En effet, il s’agit de la droite que l’on qualifie aujourd’hui de « décomplexée ». Elle s’oppose à une droite plus sociale, moins « dure » (notamment au niveau de la sécurité). Dans cela, le centre/centre-droit a toujours eu une position relativement complexe. Son aile sociale a une préférence pour la seconde alors que son aile libérale préfère avoir à faire avec la première. Historiquement, on retrouve dans chaque gouvernement de droite, quelque soit son origine idéologique, un peu de ses membres. A titre personnel, je n’ai jamais caché ma préférence pour la droite chiraquienne. S’il n’y avait eu qu’elle, je ne me serais peut-être jamais retrouvé au centre. Je dis ça, mais je ne me fonde sur aucune réalité historique. Allez va, il est grand temps que je me mette au travail et que je prouve ce que j’avance avec des faits de façon à pouvoir avancer ma vision d’une nouvelle réalité.

Pour prouver ce que j’ai énoncé dans mon premier paragraphe, je vais me contenter de remonter jusqu’en 1995. Putain, 15 ans déjà ! En 1995, la division de la droite est flagrante. Elle s’expose au premier tour de la présidentielle où se présentent à la fois le premier ministre sortant Edouard Balladur et un ancien premier ministre alors maire de Paris, Jacques Chirac. On compte aussi, bien entendu, d’autres candidats, et notamment Lionel Jospin pour le PS (déjà). La guerre des droites commence par une véritable bataille ; celle des soutiens. A ce jeu, Edouard Balladur semble être le plus fort. Il aligne une bonne partie de la droite, de la non gaulliste comme avec Nicolas Sarkozy à la gaulliste la plus historique avec Charles Pasqua. Mais en plus de cela, il récolte aussi des soutiens de poids à l’UDF avec Simone Veil et François Léotard. Mais Jacques Chirac poursuit la guerre en engageant la bataille du positionnement. Là, il va s’avérer plus rusé que son concurrent en axant sa campagne au centre/centre-droit sur le thème de la fracture sociale. Son dynamisme à conduire cette dernière lui permettra d’éliminer Balladur au permier tour et à battre Jospin au second.

Ainsi, la droite gaulliste, qui incarnait auparavant (avant le début des années 1990) la droite « dure » face à la droite modérée alliée au centristes représentée quant à elle par Valéry Giscard D’Estaing (RI puis UDF), représente aujourd’hui la droite « sociale » opposée la droite sarkozyste. Un retournement de situation qui n’est pas tout à fait à ignorer. Car les centristes se sont toujours alliés plus facilement (et avec plus de succès) à la droite la plus modérée. C’est ainsi que les Républicains Indépendants proposèrent une majorité UDF à VGE.

Alors comment puis-je affirmer que la droite gaulliste est aujourd’hui la droite « modérée » ? Simplement en lisant l’histoire. En 1995, année charnière s’il en est, Balladur a affirmé un positionnement de droite, souhaitant un clivage clair avec la gauche sortante. L’UDF n’a alors pas présenté de candidat. Ce fut une erreur qui conduira à sa mort en 2007. Jacques Chirac, le gaulliste, n’avait alors plus cette place pour lui. Cet homme qui avait, depuis 1981, fondé sa stratégie sur sa critique de la politique giscardienne et la critique de la gauche, ne pouvait pas se poser comme l’homme de droite. Son seul choix était d’être un peu, le candidat centriste absent du scrutin. Un comble ! Quoi qu’il en soit, c’est ce qu’il fut. Et si certains prétendront qu’il n’aura pas tenu ses promesses et gouverné bien trop à droite, je rappellerai que ce comportement aura été tôt sanctionné par une cohabitation (1997-2002). Ainsi, son second mandat, qu’il arrache au second tour, face à un candidat de d’extrême droite (l’obligeant une fois encore à assumer un rôle de critique de sa droite) sera marqué par une raisonnable modération.

Je viens d’expliquer comment je comptais prouver le nouveau caractère modéré de la droite gaulliste, je vais maintenant vous dire pourquoi cela a son importance. Tout simplement parce qu’aujourd’hui, la droite gaulliste a changé de leader et se réorganise. En effet, Dominique de Villepin qui vient de créer son club, n’en fini plus d’aligner les soutiens : près de 7000 membres dont près de 30 députés, les derniers ralliements en date étant ceux de Jean Ueberschlag et de Marie-Anne Montchamp. Cela a pris tellement d’ampleur que les sondages lui offrent désormais un socle minimum de 8% de l’électorat. Ce socle s’est solidifié récemment avec la couille la connerie l’erreur fondamentale de François Bayrou d’orienter le MoDem au centre gauche. Cela a réouvert le boulevard du centre-centre droit à quiconque souhaite s’y engager.

En 2007, le score de François Bayrou (18% au premier tour) était aussi constitué de chiraquiens déroutés ne souhaitant pas soutenir la droite sarkozyste. Ceux-là auront sitôt fait de se raviser au second tour. Aujourd’hui, ces personnes sont prêtes à reprendre leurs distances avec le sarkozysme. C’est sur cette même brèche que surf Hervé Morin lorsqu’il tente de récupérer le signe UDF. Car en faisant cela, il espère cristalliser autour de lui tous ces électeurs de droite modérée déboussolé. Car l’UDF, c’est 30 ans d’histoire, un véritable clocher au milieu du village, un peu comme l’est le gaullisme pour Dominique de Villepin.

Hervé Morin, leader du Centre-centre droit en France

Hervé Morin

Aujourd’hui, nous sommes donc deux à souhaiter rassembler le centre et le centre-droit. Chacun a ses raisons, idéologiques, stratégiques, politiques, personnelles… Et l’inventaire des prétendants n’est peut-être pas fini. La réaction épidermique de François Bayrou et Marielle de Sarnez lors de l’annonce par Hervé Morin de sa volonté de récupérer le sigle UDF laisse présager un éventuel (et périlleux) retour sur ce crédo. Tout comme à l’UMP où des députés se sont mystérieusement réveillés à mi-législature  pour se rendre compte que les intérêts centristes n’étaient pas suffisamment entendu au sein de leur organisation. Que de monde, que de monde sur le boulevard en cette période de fête post-électorale. On dirait presque que les soldes ont commencés ! Villepin, le Nouveau Centre, l’UDF, le Modem, l’alternative intérieure… Si un remake de la chiraquie m’était conté, ça ne ressemblerai pas à autre chose qu’à cette course à la légitimité au centre-droit !

Le Likoud a-t-il la même stratégie que l’UMP ?

Tzipi Livni (Kadima) à gauche et Beniamin Nétanyahou (Likoud) à droite

Le Likoud, principal parti de la droite israélienne est arrivé en seconde position lors des dernières élections législatives, début 2009. La première position avait été obtenue par la Kadima, parti centriste créé par Ariel Sharon lors d’une scission avec le Likoud précité. La campagne centriste menée tambours battants par Tzipi Livni lui avait ainsi permis de décrocher le plus grand nombre de sièges à la Knesset mais son entêtement à refuser la moindre concession (à raison peut-être) lui interdit toute alliance avec les partis religieux. Ainsi, c’est bien le Likoud qui parvint à former un coalition de gouvernement, envoyant la Kadima dans l’opposition malgré sa domination.

Aujourd’hui, en position de force dans les sondages, notamment du fait des pressions internationales quant à l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, Nétenyahou espère courtiser les centristes en proposant un ministère à Livni. Mais si ce geste pourrait paraitre d’une extrême générosité à l’égard des centristes qui traversent une passe beaucoup plus compliquée vis-à-vis de l’opinion, il faut toutefois se méfier. Car avec cette proposition, Tzipi Livni se retrouve en position délicate. Si elle accepte, la Kadima sera discréditée sur un certain nombre de ces engagement, en étant ainsi obligée de cohabiter dans un gouvernement avec les partis religieux. Si elle refuse, certains membres de son parti pourraient inscrire leur nom sur une liste de défections qui, selon la longueur, affaiblira plus ou moins le centre israélien. Toujours est-il que ce dernier risque fort de perdre des plumes dans cette turbulence politique téléguidé par le premier ministre israélien.

Lorsque l’on y regarde de plus près, on reconnaitrait presque une stratégie mise en place beaucoup plus près de nous. Non ? Z’etes sûr ? Pas même celle de l’Elysée ? Vous savez, celle que l’on appel l’ouverture. Moi je trouve que si, un peu du moins. Explications. En effet, il s’agit de profiter d’une position favorable, enviable pour créer dans le camp adverse, lui-même gangréné par la frustration, des défections ou des ralliements dans le but de l’affaiblir de façon à subsister dans les moments moins porteurs. C’est en quelque sorte préparer l’hiver au printemps. Que reste-t-il de la gauche et du centre en France aujourd’hui ? C’est un peu la même situation en Israël où le centre est arrivé premier mais ne peut pas gouverner et où la gauche travailliste n’est arrivée qu’en troisième position, lui rendant l’exercice de la reconquête du pouvoir délicat. Mais s’ils craquent maintenant, que feront-ils demain ? Je crois pouvoir promettre à Tzipi Livni des nuits agitées pour cette fin d’année 2009.

Plutôt qu’un débat sur l’identité nationale, un débat sur l’adoption par les couples homosexuels

Le tribunal administratif de Besançon a récemment relancé le sujet en donnant le feu vert à l’adoption par un couple de femmes.
Une grande partie des états européens comme par exemple la Belgique et l’Espagne y sont favorables et ont déjà légiféré dans ce sens, mais le gouvernement français a rappelé que cela n’était pas sa position.

Cette situation est l’occasion d’engager une réflexion de fond sur ce sujet de société.

Hervé Morin s’est déclaré favorable à titre personnel à l’adoption par les couples homosexuels, estimant que « l’amour d’un couple, c’est beaucoup mieux que les services de la DDASS ».

Qu’en pensez-vous ?

Voilà la question qui est posée par le Nouveau Centre sur son site de débat participatif  Think-Centre. Pour tout vous dire, je trouve ce débat justifié, utile, constructif. C’est selon moi une question qui mérite d’être débattue de façon plus vivace que celle de l’identité nationale. Parce qu’elle engage une réponse claire, parce que c’est une vrai question à laquelle tout un chacun peut répondre par « oui » ou par « non ». Parce que ce n’est pas une question qui porte insidieusement en elle la stigmatisation d’une catégorie de population. Bien sûr la question est polémique, bien sûr, il faudra être vigilent à l’égard de certaines réactions, mais cette question doit être posée. D’ailleurs, je vais prendre par au débat en répondant à la question.

Ceux qui me connaissent ou qui m’ont lu intégralement (ouais je sais, il y a quelques heures de lecture…) savent que j’ai parfois cette fâcheuse tendance à être conservateur concernant les question ayant trait à la politique de la famille. Cette question ne fait pas exception à la règle. Cependant, il faut tout de même noter, et il s’agit d’une évolution récente, que je ne suis plus totalement opposé à la question de l’adoption par les couples homosexuels. J’y reste toutefois retissant et cela pour plusieurs raisons.

La première est, et c’est par là qu’arrive la polémique, que je me demande quels seront les effets, à terme, de l’absence d’altérité. C’est d’ailleurs sur le fondement de cette réserve que la CEDH avait une première fois refusé l’indemnité demandée par Emmanuelle B. L’absence d’altérité, c’est l’absence pour l’enfant d’un référant stable de l’autre sexe. C’est le fameux « un homme et une femme » souvent avancé par les conservateurs, notamment ceux du Parti Chrétien Démocrate. Attention ! Je ne remet pas ici en cause la capacité de deux personnes homosexuelles d’élever correctement un enfant ! La question que je me pose est de savoir comment va grandir l’enfant sans référant stable des deux sexes. Ainsi, cette question est aussi valable dans le cadre des familles monoparentales. Il s’agit assurément d’une question délicate en ce sens qu’elle est polémique (beaucoup considèrent que poser cette question c’est faire preuve du plus noir conservatisme et d’une fermeture d’esprit fondamentale) et non limitée au débat en cours (comme je viens de l’écrire, elle concerne tout autant les familles monoparentales que les familles homoparentales, mais aussi la question de l’adoption par les célibataires…). Mais il faudrait pouvoir y répondre clairement avant de pouvoir ouvrir l’adoption aux couples homosexuels.

La seconde raison est que la société, pour une large part, continue à poser sur l’homosexualité un regard lourd, pesant. Certes, ce regard change petit à petit mais beaucoup reste à faire et le chemin qui reste parcourir demeure long. Ainsi, la société ne semble pas prête à accueillir en son sein ces familles d’un nouveau type. Certains diront que ce fut la même chose lors de l’abolition de la peine de mort, que ce n’est pas parce qu’une courte majorité a tort qu’il faut baisser les bras… Mais nous ne sommes pas dans le même contexte. Il ne s’agit pas ici de maintenir en vie des personnes soupçonnées de crimes parfois atroces mais de faire grandir, évoluer des enfants (tout un symbole d’innocence) dans un environnement qui lui est sous certains aspect hostile. Dans le sillage de cette interrogation, d’aucun diront qu’on ne peut pas imposer le choix de l’orientation sexuelle d’adultes à des enfants. Clairement il s’agit là d’une réaction d’opposition type. Clairement elle est marquée par les préjugés (on ne choisit pas son orientation sexuelle et il faudrait avoir quelques tendances « maso » pour choisir d’être homo…). Alors bien sûr, je souhaite que cela change. Toujours est-il que la situation est ce qu’elle est et que les préjugés sont bel et bien présents dans notre société.

Pour finir, j’aimerais anticiper les réponses des commentateurs éventuels (qui peuvent quand même commenter, ne serait-ce que pour donner leur avis). « Il vaut mieux un couple homo qui s’aime qu’un couple hétéro qui se tape dessus ! » C’est exact, mais ce n’est pas parce que les couple homo qui s’aiment pourront adopter que les couple hétéro qui ne peuvent pas se blairer deviendront stérile. « Le pire pour un enfant, c’est de ne pas avoir de parents ! » Oui, très certainement, mais n’ayons pas non plus la bêtise de croire que l’adoption homoparentale règlerait tous les problèmes des orphelins du monde…

Après cela, il faut aussi que j’argumente pour expliquer pourquoi je ne suis que réservé et pas opposé à l’adoption par les couples homosexuels. Tout d’abord vis-à-vis des problèmes d’absence d’altérité, il semble que la question soit véritablement trop vaste et engage un nombre trop important de famille pour être résolue. Au delà de ce problème, le caractère unique de chaque enfant entrainant une réaction propre à chacun d’eux semble ne pas permettre d’apporter de réponse claire. Aussi, la CEDH, qui avait dans un premier temps refusé d’indemniser Emmanuelle B. sur ce fondement l’a finalement abandonné dans son célèbre arrêt du 22 janvier 2008.

Sur le problème du regard des gens maintenant. Il faut noter une évolution favorable des moeurs qui semble ouvrir la voix à une acceptation de ce type de configuration familiales. Preuve en est ce récapitulatif des sondages de 1998 à 2009 réalisé par l’infographie de Canal+ avec l’aide de BVA. On relève même qu’en 2009, fait historique, la majorité des français se sont prononcés favorablement. On notera toutefois la sur-représentation des réponses positives jeunes (68% des -25 contre 51 des +50), féminines (64% des femmes contre 49% des hommes) et de gauche (71% contre 37% à droite).

Et puis un argument m’a fait me sentir moins alaise dans mes bottes. Lors d’un précédent article (sur mon ancien blog), une amie m’avait fait la remarque suivante : « [...] il faut amplifier ce phénomène d’adoption pour les homosexuels pour qu’il puisse être accepté par tous de la même manière que l’adoption d’un couple hétérosexuel. Ce n’est pas en les marginalisant que les choses s’arrangeront… » Et ce n’est pas faux : plus la société sera confronté à ces situations dans les faits, plus ils seront amené à l’accepter.

Pour finir, il convient de ne pas ignorer une certaine réalité (c’est une amie de longue date, il faudrait que je la présente à mes amis socialistes ;-) ). Et que dit-elle réalité ? Que dans les faits, environs 200.000 enfants vivent des situations d’homoparentalité, soit parce qu’ils ont été adoptés par un célibataire homosexuel, soit parce que leur parent se sont découvert tardivement, soit encore pour d’autres raisons. Or, pour ces enfants, il est difficile de prétendre que les homos ne peuvent pas avoir d’enfant.

Voilà donc le fondement de mon positionnement réservé à l’égard de l’adoption par les couples homosexuels. Et vous, qu’en pensez vous ? Je vous invite vivement à participer au débat, soit sur ce blog par commentaire, soit sur think-centre. Je tiens aussi à féliciter le travail à ce sujet du club de réflexion femme au centre. Et bien voilà, c’est à vous !

Si, il y a des blogs Nouveau Centre !

Il parait que les bloggeurs Nouveau Centre et Majorité Présidentielle sont rares… A vrai dire, je trouve effectivement qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux… Mais alors les gars ? Que fait-on ? On se réveille et on participe au débat d’idée que diable ! Parce que le blog ce n’est pas un sous-lieu pour débattre et s’informer, bien au contraire ! Il n’y a, pour s’en persuader, qu’à se rendre sur coZop pour lire quelques « billets » sur des sujets qui vous intéressent au moyen de la barre de recherche. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous finirez par trouvez des lectures intéressantes voire même jusqu’à vous prendre au jeu.

En ce qui concerne les militants nouveau centre, j’ai envie de dire que, même s’il existe quelques blogs, nous sommes clairement sous-représentés. En effet, lorsque l’on tape « blog nouveau centre » dans google, on tombe majoritairement sur des blogs de fédération… Alors à quand quelques nouvelles adresses ?

Et pour finir, de façon à répondre à Nemo, le blog de la quarantaine révoltée ; ainsi que les blogs militants référencés dans la controsphère officielle. Vous trouverez peut-être enfin votre bonheur.