OrelSan est un jeune rappeur tout droit venu de sa Normandie natale. C’est un “artiste” qui a selon certains programmateurs un certain talent, si tant est qu’être programmé sur les radio est aujourd’hui un gage de talent. Sur ce point précis, je ne me prononcerais pas d’une part parce que j’écoute aussi pas mal de musique totalement formatée et d’autre part parce que j’estime qu’il en faut pour tous les goûts. Seulement, ici, bien que je sois relativement ouvert d’esprit et que je considère qu’il faille respecter les préférence de chacun, bien que je sois un un partisan de toutes les libertés, je crois qu’il faut mettre un hola.
Depuis déjà quelque temps, le débat s’est ouvert sur le fait que fréquemment le rap dérape. On a eu le droit à un débat sur Alibi Montana ou sur d’autres qui voulaient “baiser la France” ou “casser du flic”… Chacun a su y mettre son grain de sel et je m’étais bien gardé de réagir à chaud. Aujourd’hui, je crois que la chanson d’OrelSan mérite une réaction. D’ailleurs, sa “chanson” intitulé sobrement “sale pute” (je m’excuse d’avance des obscénités) a semble-t-il eu les réactions qu’elle méritait. Ainsi, sur le blog le féminin l’emporte, la polémique a été vive. J’en ai eu connaissance par l”intermédiaire de mon confrère bloggeur l’hérétique.
Les paroles d’une partie des chansons d’OrelSan m’indignent… C’est quelque chose que je ne peux pas cautionner. Elles sont parfois d’une violence inouïe. L’avortement à l’opinel ou la comparaison de certaines femmes avec des truies n’est pas vraiment en phase avec les efforts qui doivent être faits pour vaincre le fléaut des violences faites aux femmes. cela, Valérie Létard, secrétaire d’Etat Nouveau Centre l’a bien compris.
Valérie Létard s’indigne contre la chanson d’Orelsan qui incite à la violence envers les femmes et en appelle à la responsabilité des dirigeants des sites de vidéo en ligne pour qu’ils retirent immédiatement le clip incriminé du rappeur. Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, ce texte est une véritable incitation à la haine, à la violence voire au meurtre envers les femmes. Les mots employés sont discriminants et ignobles.
Valérie Létard soutient également l’initiative des associations qui ont fait savoir qu’elles souhaitaient se constituer partie civile et porter plainte contre le rappeur. En France, l’article 24 de la loi de la presse de 1881 prévoit que toute incrimination de provocation à commettre un crime (viol ou meurtre) ou une atteinte à l’intégrité de la personne ou une agression sexuelle par tous moyens de diffusion est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Tout d’abord, sur le fait qu’elle en appel à la responsabilité des sites de vidéos en ligne, je crois qu’il n’est pas forcément nécessaire d’effectuer un contrôle à priori du contenu publié. Je dis cela dans un soucis de respect des libertés de chacun à s’exprimer et dans la volonté de défendre tous les moyens d’expression populaires. Toutefois, si je défends le droit des sites tels que Dailymotion ou Youtube pour ne citer qu’eux, je crois qu’il est nécessaire de renforcer le contrôle post-publication pour éviter la propagation de ce type de messages violents accessibles de ce fait aux plus jeunes. Si les sites de vidéos en ligne souhaitent ne pas interdire un maximum de vidéos, il serait envisageable de rendre l’accès à ces vidéos dont le caractère est violent et/ou vulgaire plus difficile par exemple à l’aide d’une identification. De plus, il serait de bon ton que des modérateurs fassent respecter la charte de façon active et ne fassent pas que s’assurer que l’utilisateur a simplement cliquer sur une case ou encore vérifier le contenu des vidéos signalées. Je suis conscient du travail que cela représente en ce sens que le nombre de vidéos quotidiennement publiées est considérable. Mais il va falloir trouver une solution rapidement si on ne veut pas que des lois plus dures (type HADOPI puissance 10) ne viennent contraindre le Web à encore plus de surveillance.
Sur ce, on peut constater que la maison de disque d’OrelSan a fait preuve de réactivité en laissant un commentaire sur le blog le féminin l’emporte que voici :
Bonjour,
Suite aux différentes opinions récemment émises sur la chanson “Sale Pute” d’OrelSan et aux demandes et tentatives de déprogrammation d’OrelSan du Printemps de Bourges, l’artiste et son entourage souhaitent faire les précisions suivantes :
Cette œuvre de fiction a été créée dans des conditions très spécifiques relatives à une rupture sentimentale. Comme Orelsan le stipule dans l’introduction de sa chanson, ce texte met en scène un jeune homme qui, apprenant que sa petite amie l’a trompé, décide de noyer son chagrin et sa colère dans l’alcool. Sous influence, il se met alors derrière son ordinateur et écrit cette lettre en forme d’exutoire de la passion qui le dévore. Nous sommes alors exclusivement dans l’expression d’une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte n’est une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l’acte.
Comme toute création artistique, aussi violente soit elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte.
Conscient que cette chanson puisse heurter, OrelSan a décidé il y a quelques mois de ne pas la faire figurer dans son album ni dans ses concerts, ne souhaitant l’imposer à personne.
Nous sommes désolés que ce texte ait pu choquer certaines personnes.
En aucun cas OrelSan ne se pose en agresseur de la gent féminine.Cordialement,
3ème Bureau / Wagram Music
Certes, la chanson ne sera plus, ni sur les albums, ni dans les concerts du rappeur, mais cela ne règle pas le problème de sa présence en “libre-service” sur les sites de vidéos en ligne (dont il semble que les accès ont d’ores et déjà été quelque peu restreint) depuis deux ans.
Pour le reste, je tiens à rappeller que le répertoire de ce jeune artiste ne se limite pas à cette seule chanson et que certaines autres sont de relativement bonne qualité… Dommage en somme, que cela soit un peu gâché.
Archivé sous: Uncategorized




