Je reviens souvent sur le fait que je suis social libéral. Le plus souvent, c’est pour clamer des revendications liées à mes préoccupations sociales qui me font croire en la nécessité d’une solidarité collective étatiquement organisée de façon à éviter toute carence. Ceci-dit, à force de vociférer dans le sens social du terme social-libéralisme -ce qui est aussi une façon de me démarquer de l’UMP- et de ma prétendre idéologiquement proche de Jean-Christophe Lagarde (ce qui est on ne peut plus vrai), certains finissent par me croire au bord de l’adhésion au MoDem, voire, au PS. Je vais donc revenir sur le sens que je donne au mot libéral.
Tout d’abord, je crois que je le répète assez souvent depuis quelques temps : le Nouveau Centre est le parti de toutes les libertés. Hervé Morin n’a de cesse de nous le rappeler. Or, si on écoute avec attention cette petite phrase, on se rend compte qu’il y a selon nous plusieurs libertés. Mais alors quelles sont-elles ? Qu’importe dirons ceux qui ne sont pas intéressés ou ceux qui ne voudrons pas réfléchir à la question, puisqu’on les soutient toutes. Certainement, mais il est bon toutefois de faire la nuance, ne serait-ce que pour mettre en exergue la pluralité de ce terme.
Les libertés individuelles
Revenons d’abord sur cette liberté qui est selon moi la plus importante de toutes : la liberté individuelle. D’ailleurs, il me semble qu’il faut encore mettre ce terme au pluriel pour parler des libertés individuelles. Il s’agit de promouvoir ici la liberté de fonder une famille, la liberté d’entreprendre, la liberté de mener sa vie telle qu’on la souhaite. La liberté de vivre en somme ! Dans ce cadre, la loi doit être un frein à toutes les pratiques individuelles qui viendraient par leur nature même restreindre un certain nombre de libertés individuelles. Ainsi, il ne s’agit pas de faire des lois restreignant, sous prétexte d’une morale trop conservatrice, la liberté de chacun de mener sa vie comme il l’entend. Une loi contre les discriminations, d’accord ; une loi discriminante, certainement pas !
Il s’agit donc de faire passer le message selon lequel nous devons vivre avec nos différence. Le libéralisme est quelque part un message de tolérance. C’est une façon de dire : chacun est libre. Légiférer en tant que libéral, c’est légiférer en étant particulièrement attentif à ne pas porter atteinte aux libertés individuelles. En ce domaine, les juridictions administratives françaises sont assez encrées du côtés des libertés en interdisant les mesures de police générales et absolues.
Les libertés économiques
Il faut ensuite engager la conversation sur un terrain plus délicat, celui des libertés économiques. C’est cette partie de l’idéologie libérale que l’on appel souvent le libéralisme et qui a mauvaise presse. Je ne reviendrais pas aujourd’hui sur l’histoire de ces courants qui ont vu le jour avec Adam SMITH et David RICARDO. Cependant, il convient de rétablir quelques vérités sur cette idéologie. Tout d’abord, non, le libéralisme économique ne passe pas forcément par une absence de sécurité sociale… Non, le libéralisme n’est pas une ode à la supression de tous les services publics. Simplement est-ce une façon de dire que peut-être serait-il bon de recentrer l’Etat sur ses fonctions les plus régaliennes plutôt que de le laisser devenir omnipotent. Aussi, il ne s’agit pas de remettre en cause l’égalité devant le service public mais simplement, pourquoi pas, de laisser le choix aux individus entre les services étatiques et des services privés.
Dire que je suis économiquement libéral n’est pas un mensonge. Pourtant, je ne suis pas de ceux qui souhaitent que l’Etat se désengage, bien au contraire. Simplement, cela signifie que j’aimerai voir des budgets en équilibre en terme de fonctionnement. Ainsi, peut-être serait-il utile de revoir quelles sont vraiment les fonctions régaliennes de l’Etat, et quelles sont les secteurs où un tant soit peu de faste est nécessaire pour définir clairement quels sont ceux qui ne le sont pas. Si on cessait de réaliser sans cesse des dépenses de faste là où elles ne sont pas utiles, alors on réaliserait déjà une économie non négligeable. Aussi, il est clair que le train de vie de l’Etat doit être considérablement réévalué à la baisse. Je ne pense pas qu’il faut aller jusqu’à l’orthodoxie nordique qui a pour effet de lésiner jusque sur la sécurité mais essayer tout de même de faire diminuer les frais.
Pour exemple, en ce qui concerne les collectivités locales. Essayer simplement d’imaginer les conséquences d’une réforme simple qui consisterait en la détermination d’une répartition claire des rôles entre les différentes entités territoriales. Il s’agirait uniquement de coucher sur le papier un “qui fait quoi” des collectivités territoriales. Cela entrainerai d’abord la cessation d’un certain nombre d’idioties à commencer par les financements partiels parallèles. Construisez un gymnase aujourd’hui, vous aurez des subventions de la région au titre de sa politique de dévellopement des activités sportives, une du département pour le développement des infrastructures et, peut-être, une autre parce que vous avez l’audace de le placer dans un quartier réputé sensible. Avec ce système, on fini par ne plus savoir qui paye quoi et personne, parce que leur participation n’était pas importante eut égard de la dépense globale, n’a vérifié si cet ouvrage était nécessaire. Deuxième économie, à l’occasion de l’inauguration : il n’y a plus besoin d’un kilomètre de ruban et d’innombrables plateaux de petits fours et de coupes de champagne puiqu’au lieu de trois voire quatre acteurs, la collectivité n’aura à en remercier qu’un. Cela sera la même chose lors des traditionnelles cérémonies des vœux en janvier… Et ce n’est qu’un exemple de petite mesure.
Pour ce qui est d’une récente mesure du gouvernement, à savoir le bouclier fiscal, sachez que je trouve relativement juste le fait de ne pas verser à l’Etat plus de 50% du fruit de son travail. Ceci étant dit, je pense aussi que la liberté passe par la santé et l’éducation et que l’on ne peut pas, pour assurer la liberté de chacun, faire incomber le coût de ces postes santé et éducation aux ayant droits. Ainsi, je crois en un système de redistribution des richesses ainsi que dans une échelle de participation proportionnelle aux revenus… Il faut trouver le juste équilibre entre la nécessité de solidarité et l’exigence de liberté…
Bref, tout ça pour vous dire qu’en tant que social-libéral, je me définit aussi comme un libéral.
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