
Hervé Morin vient de publier une tribune où il propose d’introduire une dose de proportionnelle pour combattre l’absentéisme à l’Assemblée Nationale. Il vient de mettre le doigt dans un engrenage car ce débat est un débat qui est depuis longtemps porté par le centre. En effet, cette question est aussi celle de de la pluralité. De ce fait, je vais tenter de revenir sur les arguments qui sont souvent opposés à cette éventualité pour les contrer.
Cela permettrai de faire entrer les extrêmes au parlement.
Bien entendu, la pluralité passe par la représentation à l’assemblée nationale de courants issus des extrêmes. Mais cela serait-il catastrophique ? Je ne le crois pas pour deux raisons. D’une part, cela permettrai de faire cesser le débat de la victimisation des partis mal représentés. Et ce serait en quelque sorte couper l’herbe sous les pieds que de les priver de ce débat qui fournit à chaque échéance leur populisme à deux balles.
De plus, cela forcerait ces courants extrémistes à prendre part au débat sur tout les sujets. Quelle serait leur crédibilité face à la réalité du travail politique ?
Cela ferait rentrer les technocrates au parlement.
Tant mieux ! Il serait temps de reconnaitre les bienfaits d’avoir au parlement des personnes compétentes, en pointe sur des sujets précis et cesser de dénigrer le savoir de la sorte ! Certaines personnes qui apporteraient une véritable valeur ajoutée aux débat ne sont pas forcément de bons serreurs de mains et faiseurs de bises ! Je ne souhaite pas qu’il n’y ait que des technocrates, certes, mais qu’il y en ai un peu ne serait pas un mal.
Sur des sujets comme la santé, le nucléaires ou d’autres sujets complexes, ne serait-il pas bon d’avoir des gens dotés d’une compétences supérieure ?
Les scrutins de listes sont de véritables calvaires.
Certes, je ne vais pas dire le contraire ! Mais il y a aussi beaucoup d’autres points positifs ppour contre-balancer cela. Le premier et que cela détacherai le député de sa circonscription d’élection. C’est en grande partie cela qui contraint les députés à l’absentéisme en ce sens qu’ils sont largement tributaire de leur électorat. Aussi, il leur faut toujours aller serrer des mains à la foire à la saucisse, sur les marchés, au concours de labour…Et si la constitution prétend implicitement que le député est l’élu de la Nation et non de sa circonscription, les faits en décident systématiquement autrement.
Alors maintenant, j’aimerai anticiper la critique qui va m’être faite. Il s’agit pour le MoDem de nous repprocher d’avoir reculé sur la dose de proportionnelle lors de la réforme des institutions. Alors certes, c’est la vérité : nous avions l’ambition d’intégrer la la réforme constitutionnelle de 2008 la modification du mode de scrutin des législatives pour y intégrer une dose de proportionnelle et nous n’y sommes pas parvenu.
Mais, si l’on remet les choses dans leur contexte, il y a plusieur choses à relever. D’une part, l’UDF est passée de plus de 200 députés entre 1993 et 1997 à 107 entre 1997 et 2002 pour finir à 29 entre 2002 et 2007. Forcément, lorsque l’on hérite de cela entre les deux tours d’une présidentielle, on ne pèse pas très lourd… De ce fait, on ne peut pas influer de façon considérable sur la politique gouvernementale. Je ne condanerai pas la stratégie de Bayrou car elle a longtemps été soutenue par bon nombre de ceux qui ont fondé le Nouveau Centre. Il faut dire que je reste convaincu que Gilles de Robien avait raison.
D’autre part, si nous avons consenti à céder sur ce point, c’est parce que nous étions parvenu à faire inscrire dans la constitution la fameuse règle d’or qui consiste en l’obligation constitutionnelle de présenter un budget en équilibre. “C’est une révolution absolument colossale. Cela fait près de trente ans que la France vit dans la facilité, dans les déficits budgétaires quelles que soient les circonstances économiques, quel que soit le niveau de croissance.” C’est ce qu’a affirmé Hervé Morin, président du Nouveau Centre et Ministre de la défense à l’annonce de cette avancée. Car s’il est bien une chose à laquelle le centre a toujours été attaché, c’est la réduction de la dette. Voilà de quoi se satisfaire.
Pour autant, je ne suis pas non plus le plus favorable du monde à une trop forte dose de proportionnelle et ce pour plusieurs raisons. D’une part, la Constitution de 1958 est largement bi-polarisante. Aussi, comme l’affirme Guy Carcassonne, “tendanciellement, les partis se coalisent [...] à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle” et “les partis non coalisés dénoncent ce système“. Or, il estime cette critique “infondée” en ce sens qu’elle “repose sur l’idée implicite selon laquelle le premier tour serait plus légitime que le second” alors que finalement, ce sont les mêmes français qui votent à l’un et à l’autre. Pour être clair, j’emprunterais une dernière phrase à monsieur Guy Carcassonne : “Pas plus que d’enfants, on ne peut faire des députés tout seul. On peut le regretter mais pas l’ignorer !“
Alors certes, je suis tout de même favorable à l’insertion d’une dose de proportionnelle de façon à obtenir une représentation plus fidèle de la population à l’Assemblée nationale, mais celle-ci ne doit pas être une alternative au coalitions, inhérantes à notre système.
“La Constitution introduite et commentée par Guy Carcassonne” aux éditions du Seuil.
Archivé sous: Uncategorized





Si le comte Gilles de Robien avait vraiment raison, alors pourquoi n’est-il pas/plus au gouvernement ?
Par ce qu’il a quitté la politique après avoir été très malmené par ses proches… Il était sifflé à l’UDF et être sifflé dans son propre parti c’est dur. De plus, il était un ministre de l’époque Chirac… Il arrive un moment où même les ministres prennent leur retraite.