[Information Le Centrisme.com] Les leaders du Parti socialiste, les uns après les autres, veulent que François Bayrou dévoilent ses intentions politiques. Après François Hollande, c’est au tour de la Première secrétaire du PS de demander au Président du Mouvement démocrate s’il est de droite ou de gauche. Pour Aubry, Bayrou doit d’abord choisir son camp avant que d’éventuelles négociations s’ouvrent entre le PS et le Mouvement démocrate. De même, elle a rappelé que rien, jusqu’à aujourd’hui, ne permet de prétendre que Bayrou est de gauche d’autant qu’il avait refusé de choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal lors de la dernière élection présidentielle. Jusqu’à présent, ces demandes de clarification se sont heurtées à une fin de non-recevoir de Bayrou qui préfère pour l’instant surfer entre Droite, Gauche et Centre afin de ratisser large en vue des prochaines présidentielles.
Alors voilà donc “Martine et le MoDem”. Elle navigue en eaux troubles. On pourrait presque croire qu’elle n’a pas compris la stratégie de François Bayrou qui, depuis quelques années, a décidé de ne plus choisir. C’est un fait : François Bayrou n’est pas un homme de gauche, ou du moins, rien ne le laisse supposer. Sur ce point, je la rejoins et je vais même plus loin en affirmant que François Bayrou est un homme de droite.
Alors, première question, François Bayrou peut-il clarifier ses positions ? Absolument pas ! Il sait pertinemment qu’une partie de sa base historique tire à droite et qu’il est toujours en mesure de la remobiliser, du moins en partie en 2012. S’il vient à accepter maintenant une alliance avec la gauche et le Parti Socialiste, alors il aura définitivement perdu tout espoir d’assister au retour d’une partie des 2.000.000 de personnes qui avaient voté pour lui en 2002. Or sans eux, la perspective élyséenne s’éloigne. De même, sa nouvelle base n’est pas prête à accepter une alliance pure et simple : les fameux “poujamodémistes” comme on les appel, ne souhaitent pas d’alliance. Et puis s’il acceptait une alliance claire avec le PS, sa stratégie d’indépendance en prendrait un sérieux coup dans l’aile. Il ne peut donc pas se rapprocher plus encore de la gauche.
Deuxième question, François Bayrou va-t-il parvenir à ses fins ? C’est difficile à dire en ce sens que sa stratégie n’est pas claire ou apparait comme opportuniste pour la plupart des français. Il est clair qu’un éventuel rapprochement avec Dominique de Villepin ne serait pas de nature à clarifier les choses. D’autant que François Bayrou semble condamné à réitérer sa stratégie “d’alliance à géométries variables” pour le scrutin régional qui se prépare. Une fois encore, comme aux municipales, il ira tantôt à gauche, tantôt à droite.
Troisième question, PS et UMP laisseront-ils faire ? Il semblerai que François Bayrou soit devenu gênant. On veut qu’il se range -à gauche- ou même, selon les dires de certains modémistes, qu’il disparaisse -à droite-. Ceci étant dit, le Modem reste un réservoir de voix et les uns comme les autres ne sont pas dupes : il vaut mieux l’avoir avec que contre soi. Aussi, il semblerait que l’UMP comme le PS accepteraient des alliances ici où là avec le MoDem, de façon à servir leurs intérêts. Mais un obstacle se profile : à l’UMP, le partenaire centriste, c’est le Nouveau Centre et on aime autant voir des néocentristes rabattre les voix plutôt que des modémistes dont on sait qu’ils sont plus volatiles. Aussi, le PS semble las de cette danse nuptiale qui n’en finit pas de diviser les socialistes et pourrait se réfugier dans une union de la gauche portée par la crise. Quoi qu’il arrive cependant, là où UMP ou PS laisseront faire, ce sera uniquement dans l’optique de récupérer des voix.
Quatrième question, quel avenir stratégique pour le MoDem ? On a vu aux dernière municipales que les seuls maires MoDem élus l’ont été dans le cadre d’union avec la droite. Autrement dit, les alliances avec la gauche ne leur ont pas autant rapporté. Il semblerait donc que la droite laisse plus de place au centre, du fait d’une plus grande tradition de partenariat. Le MoDem, s’il veut des élus, devra un jour où l’autre aller vers la stratégie la plus “rentable”. Une fois encore, certains militants ne souhaitent pas voir cette évolution, même si la solitude doit se payer au prix d’un réseau d’élus de faible ampleur voire impuissant. Quoi qu’il en soit, il semblerait que le MoDem soit appelé à évoluer sur le long terme, mais qu’il table sur le maintient du cap jusqu’en 2012… Et ça, Martine va devoir l’accepter.
Cinquième question, François Bayrou peut-il être élu ? Il est clair que les institutions jouent contre lui. Elles ne lui permettent pas de développer une voie nouvelle en dehors des coalitions de la majorité et de l’opposition. On peut le regretter, c’est simplement le prix d’une formidable stabilité politique. Dans l’hypothèse, qui ne peut être que d’école comme le dirai Dominique Paillé, où il serait élu, il ne pourrait l’être qu’avec une majorité de voix de gauche. Ceci étant dit, il ne rassemblerait pas toute la gauche au premier tour, et il y aurait peut-être un effet aussi une sorte d’effet bradley au second tour. Autrement dit, des électeurs issues de sa base historique qui voteraient pour lui au premier tour ne souhaiteraient pas le voir au pouvoir en le voyant porté par une vague de gauche. Il est donc difficile de prédire ou non une victoire possible de François Bayrou. D’autant que cela dépend aussi beaucoup du candidat qu’il aurait en face de lui.
Certains prétendent que dans l’hypothèse où il parviendrait au deuxième tour, François Bayrou serait forcément élu. Je ne le crois pas ! Car il faudrait qu’il remobilise tout son électorat et qu’il soit sur une véritable dynamique. Il faudrait aussi qu’il parvienne à rassembler sur son nom l’ensemble de la gauche ou de la droite. Or on se doute qu’en cas de présence d’un candidat centriste au second tour, les extrêmes, notament l’extrême gauche, préfèreront l’abstention. Une fois encore, tout cela dépend du candidat auquel il fait face.
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Maxime tu as vraiment un gros problème du genre : “bayrou je t’aime, moi non plus”
Tu passe ton temps à nous expliquer des trucs sur Bayrou qui n’est pas le chef du partie que tu soutiens au point que tu oubli de nous tenir informé de ce qui ce passe dans le PNC. Remarque, comme il n’y se passe rien de notable …
D’ailleurs c’est pour cela que je passe voir ton blog de temps en temps, m’assurer que le PNC est mort et ne bouge (presque) plus car plus tu écris sur Bayrou et plus j’en suis persuadé.
Sujet de discussion très intéressant malheureusement la problématique a changé et ce notamment avec la crise qui a accéléré les prises de conscience.
On ne peut plus raisonner entre être de gauche ou être de droite. A long terme on se rend bien compte que ce qui prévaut, ce sont les meilleures solutions de gauche et les meilleures solutions de droite …
La meilleure stratégie consiste donc à rassembler les meilleurs de la gauche et les meilleurs de la droite.
Et pour rassembler les meilleurs, la question que chacun doit se poser serait plutôt : est-ce juste ou est-ce injuste ?
Un vaste débat, n’est-ce pas ? …
Les Français ne voudront jamais du MoDem… Ou alors quand François Bayrou aura rendu l’âme…
Les Français aiment le bipartisme… Ils ne s’en départiront pas facilement… Moi je veux bien donner sa chance à Bayrou ou Morin… Mais sans garantie qu’ils fassent mieux que Sarkozy… Enfin bon…